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Pour la première fois, j'ai animé une conférence de presse avec mes élèves de BTS. Il m'aura fallu presque deux ans  d'incubation en "classe média" et un passage à l'association Jets d'Encre pour comprendre l'intérêt de ce type de pratique...

Je me suis assise à la même table que mes élèves, accompagnée par mon cher documentaliste, pour discuter avec eux de ce qu'ils jugeraient pertinent de faire pour améliorer encore le site que j'ai créé avec la promotion précédente et qu'ils animent depuis la rentrée. Comme ce sont des élèves spécialisés en électronique, nous avons élaboré un site intitulé Les Sneckers (d'après l'accronyme de leur BTS : SNEC), dont la vocation est de produire des informations sur tout ce qui touche au métier d'électronicien. L'adresse est la suivante : www.snec.larmand.fr. Allez le voir maintenant, puis retournez-y dans trois mois pour constater son évolution...

Les élèves se  sont montrés d'abord intimidés d'être consultés sur la nature-même du travail qu'ils auront à faire, avant de proposer des idées tout à fait pertinentes en termes de contenus, de présentation et de stratégie de communication. Au terme d'un échange informel, chaque élève s'est engagé sur un article à écrire pour le site et une responsabilité : rédacteur en chef, secrétaire de rédaction, illustrateur, web-designer ou attaché de communication. Enfin, ils sont allés très sérieusement faire des recherches pour leur prochain article, réfléchir à des solutions pour que leur site soit plus visité, rédiger un compte rendu de notre conférence ou s'approprier plus efficacement l'interface de gestion de leur site.

Que pourrais-je désirer de plus ? Grâce à cette expérience, les élèves  ont appris à identifier les diverses fonctions au sein d'un journal. Ils ont appris à formuler un sujet et sa problématique, ou son angle. Ils se sont constitués en véritable équipe, dans laquelle chacun assume ses responsabilités sous l'oeil vigilant et encourageant du (rédacteur en) chef. J'avais monté ce projet il y a deux ans afin d'étayer le processus de construction d'une identité professionnelle que les élèves de ce BTS peinaient particulièrement à s'approprier car ils arrivent trop souvent dans cette formation par défaut, ayant été refusés dans d'autres plus prisées. Avant même de les aider à rechercher un stage, il était nécessaire de s'identifier à cette spécialité où ils se retrouvaient propulsés sans l'avoir toujours choisie : trouver ce qui les intéresse dans l'électronique, se projeter dans un parcours d'étudiant puis de professionnel, prendre contact avec les entreprises... Bien qu'ils aient râlé toute l'année - probablement parce que je n'ai pas été capable d'animer avec eux une véritable conférence de presse -, les élèves de l'année précédente ont tiré un bilan positif de l'expérience et se sont révélés comme une promo très motivée en deuxième année.

A une époque où l'on déplore sans cesse la conduite pour le moins surprenante de la génération Y, il serait temps que les éducateurs que nous sommes prennent le mesure de l'importance d'une formation à la prise de responsabilités. Et pour cela, il faut arrêter de décider sans cesse à la place des jeunes. Mais plutôt instaurer un cadre qui accompagne la réalisation et la stimule. En procédant ainsi, je suis sûre que nous donnerons naissance à des générations qui nous étonneront.